Démocratie ou Barbarie

Est-ce un génocide ?

© Johanna de Tessières/Collectif Huma

Est-ce un génocide ?

La Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide (1948) stipule qu’un crime de génocide est établi quand il y a « intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux par :
- le meurtre de membres du groupe ;
- l’atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe ;
-la soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant
 entraîner sa destruction physique totale ou partielle ;
-des mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe ;
-le transfert forcé d’enfants du groupe à un autre groupe. »

C’est sur cette base que les Yézidis réclament depuis 2014 que les massacres et humiliations qu’ils ont subis de la part de l’EI soient reconnus comme un génocide. Le Parlement européen, la commission d’enquête des Nations unies sur la Syrie, la Chambre des communes britannique, le gouvernement américain ont tous appuyé cette interprétation.

Mais les choses traînent. Malgré les témoignages accablants, les Nations unies n’ont pas encore un décompte exact des victimes. « Le génocide continue et reste largement sans réponse, malgré l’obligation des États (...) de prévenir et de punir le crime », soulignaient durant l’été 2017 les commissaires de la commission d’enquête de l’Onu.

Peu organisés sur le plan international, les Yézidis ont engagé l’avocate britannique Amal Clooney, l’épouse de l’acteur américain Georges Clooney, pour défendre leur cause. Elle demande que les responsables soient traduits devant la Cour pénale internationale. « Il est temps que les commandants de l’EI se retrouvent sur les bancs de La Haye », a-t-elle dit.

Une difficulté est que l’Irak n’a pas encore ratifié le document fondateur de la Cour pénale internationale (CPI), ce qu’on appelle le « Statut de Rome ». La Belgique l’y encourage car elle estime, avec d’autres pays, que seule une juridiction indépendante et compétente peut qualifier ou non de génocide les crimes commis contre les Yézidis. L’autre difficulté est qu’il n’existe pas de Commission d’enquête sur l’Irak (comme il y en une pour la Syrie). C’est le Conseil de sécurité de l’Onu, où siègent les grandes puissances, qui doit le décider.