Démocratie ou Barbarie

Pourquoi l’État islamique s’est-il attaqué à eux ?

© Johanna de Tessières/Collectif Huma

Pourquoi l'Etat islamique s'est-il attaqué à eux ?

A l’automne 2014, certains doutaient encore des massacres commis contre les Yézidis... jusqu’au jour où l’EI, dans un article publié dans son magazine de propagande « Dabiq », reconnut lui-même forcer les femmes yézidies à l’esclavage. L’organisation terroriste s’appuie sur des interprétations du Coran pour décrire les Yézidis comme un groupe vénérant plusieurs dieux à la fois, contrairement aux religions dites du Livre (islam, christianisme, religion juive). Ce qui est faux, car le yézidisme est une religion monothéiste, l’une des plus anciennes au monde.

Selon l’EI, les Yézidis devraient être considérés comme une sous-race, dont les femmes peuvent être vendues et converties à l’islam. Dans cet article, le groupe reconnaissait que les femmes capturées avaient été réparties entre les combattants et qu’un cinquième des femmes avait été livré directement aux chefs, comme une sorte de butin de guerre.

Certains sunnites considèrent les Yézidis comme « des adorateurs du diable » parce qu’ils vénèrent sept anges, dont l’un d’eux, le plus puissant, l’ange paon Taous Malek, serait l’incarnation du diable. Les Yézidis et la plupart des experts démentent catégoriquement cette interprétation. Au contraire, pour les Yézidis, Dieu a créé le monde. L’Ange paon n’est pas le Dieu en lequel les Yézidis croient mais son émanation bienveillante. Les sept anges sont là pour le protéger.

D’autres considèrent les Yézidis comme des « hérétiques », d’anciens musulmans qui se seraient convertis à une autre religion, ce qui les place dans leur esprit aux échelons le plus bas de l’humanité.

En fait, Daech a utilisé des interprétations religieuses souvent fumeuses pour couvrir ses crimes de guerre. Les témoignages des femmes yézidies qui ont été libérées, contre rançon le plus souvent, soulignent l’extrême brutalité des djihadistes, qui considéraient les femmes comme des objets sexuels.

En mai 2017, des universitaires ont rendu public la première estimation scientifique du nombre de victimes qu’aurait fait l’État islamique dans la communauté yézidie. Près de 3000 auraient été tués à l’été 2014 tandis que plus de 6 800 auraient été kidnappés. Beaucoup ont disparu.

Les autres minorités sont aussi visées © Johanna de Tessières/Collectif Huma