Démocratie ou Barbarie

Les Yézidis

© Johanna de Tessières/Collectif Huma

Qui sont les Yézidis ?

Cette minorité religieuse qui parle le kurde est unique en son genre. Elle n’est ni juive, ni chrétienne, ni musulmane. Elle ne compte que 800 000 personnes dans le monde, dont la majorité, environ 600 000, vivait jusqu’ici en Irak. Son lieu de prédilection était jusque récemment le Sinjar, une montagne qui culmine à 1 462 mètres au nord de ce pays, entourée de vastes étendues désertiques. C’est là, selon la croyance yézidie, que l’arche de Noé eut son port d’attache. On trouve aussi des Yézidis au nord-est de Mossoul, dans une région agricole qui s’appelle le Cheikhan, « le pays des cheikhs ». Dans cette région, se niche dans une vallée aride leur sanctuaire religieux, Lalesh, qui a miraculeusement échappé à l’offensive de l’État islamique à l’été 2014.

Offensive de Daech en 2014

Lalesh a été épargné par la guerre, mais pas Sinjar. Lors de son offensive en 2014, l’État islamique (EI) s’est emparé de la ville et des villages avoisinants, tuant les hommes et emmenant femmes et enfants avec eux, comme esclaves. Jusqu’à 40 000 Yézidis se sont réfugiés dans la montagne. Certains sont morts de soif et de faim car l’été est très chaud en Irak, les températures peuvent grimper jusqu’à 50 degrés. D’autres ont survécu et furent sauvés par des combattants kurdes.

Mais des milliers de Yézidis furent emmenés vers les villes que tenait Daech, en Irak et en Syrie. De nombreuses femmes ont été vendues comme esclaves sexuelles et bonnes à tout faire. Des enfants ont été embrigadés par les djihadistes pour devenir des soldats.

Eid, 7 ans, a connu un sort semblable. Quand il a été libéré, il ne parlait plus que l’arabe. Daech voulait faire de lui un « lionceau du Califat ». Il ne suivait pas un entraînement militaire mais était formaté, idéologiquement, pour devenir un kamikaze au service de l’État islamique.

"Eid m’a raconté », explique sa mère, « que Daech lui demandait de prier cinq fois par jour. Il devait faire la vaisselle et nettoyer. Il a été frappé plusieurs fois. Ils lui ont aussi appris à tenir un couteau pour décapiter les gens et lui montraient des vidéos de combat en lui disant qu’il s’habituerait."

74ème persécution

Ce n’est pas la première fois que les Yézidis sont persécutés. Cette persécution est la 74è de leur histoire, affirment-ils. Tout a commencé au treizième siècle quand ils se développèrent au sein de tribus kurdes et furent perçus comme une menace par les tribus musulmanes voisines.

Minorité opprimée, les Yézidis gardent une tradition d’accueil des réfugiés. C’est ainsi qu’ils sauvèrent les chrétiens arméniens et syriaques qui fuyaient l’armée ottomane durant la Première Guerre mondiale.

 

 

                               Le yézidisme                                               Lalesh

© Johanna de Tessières/Collectif Huma
© Johanna de Tessières/Collectif Huma