Démocratie ou Barbarie

Plaque commémorative de la tuerie de Courcelles

Monument et plaque commémorant la tuerie du 18 aout 1944 à Courcelles


Adresse : Rue des Martyrs, 26

                6180 Courcelles

Contexte historique

Les 17 et 18 août 1944, la région de Charleroi est le cadre d’une sinistre tuerie, où périssent 27 hommes et femmes.

Dès janvier 1941, le mouvement rexiste fait le choix de la collaboration avec les nazis. Au fil du temps, les responsables rexistes deviennent une des cibles privilégiées de la Résistance.

Les dirigeant rexistes reçoivent peu de protection de la Wehrmacht, qui certes exécute des otages belges en représailles et octroie un soutien tacite à leurs actions de « contre-terrorisme », mais ne prend pas d’autres mesures susceptibles de les protéger. Ils annoncent donc que dorénavant, ils vengeront la mort de chacun de leurs partisans.

Dès janvier 44, suite aux attentats perpétrés contre des dirigeants rexistes, la réponse de ces derniers sera sanglante : ainsi mourra à Namur, François Bovesse, homme politique libéral, ancien gouverneur de la province de Namur. Ce meurtre inaugure une série d’attaques commises par des sympathisants de Rex que les dirigeants, s’ils ne les ont pas commanditées, ne désapprouvent pas.

Depuis juin 44, les attaques, souvent meurtrières, contre les personnes soupçonnées de collaboration se multiplient particulièrement dans le Hainaut. Les attaques visant des sympathisants de Rex ne seront nulle part aussi intenses qu’à Charleroi et dans ses environs. En réponse le terrorisme rexiste s’amplifie pendant les deux derniers mois de l’occupation.

La nuit du 17 août restera de sinistre mémoire, en raison de la violence extrême des représailles rexistes, de l’arbitraire des arrestations, de la participation parmi les tueurs des principaux responsables nationaux de Rex, en particulier Victor Matthys, son adjoint Louis Collard et Joseph Pévenasse, chef régional. 

Le 17 août, Oswald Englebin, le Bourgmestre rexiste de Charleroi, sa femme et son fils, de retour à leur domicile de Trazegnies, sont assassinés lors d’une attaque à la mitraillette. Dès l’après-midi, deux hommes sont tués, l’un près du lieu de l’attentat, l’autre dans les locaux de la police judiciaire de Charleroi. La nuit connait un déchaînement de violence sans précédent : incendies, arrestations, assassinats… A l’aube, des personnes séquestrées dans la cave de la maison de Courcelles la plus proche du lieu de l’attentat sont abattues froidement. Le tragique bilan de la nuit s’élève à 27 victimes, dont 8 femmes. Ce massacre est suivi de représailles « officielles » organisée par le SS Richard Jungclaus, commandant en chef des forces de police allemandes : 20 otages, choisis parmi des porteurs d’armes emprisonnés sont exécutés.

La justice belge identifiera 97 rexistes sur un total présumé de 150. 80 seront capturés et 27 dont Collard et Matthys seront fusillés après jugement le 10 novembre 1947.

Description

Une simple plaque apposée sur la façade de la maison la plus proche des lieux de l’attentat et réquisitionnée par les rexistes rappelle les faits: « Dans la cave de cette maison, la nuit du 17 au 18 août 1944, les tueurs rexistes séquestrèrent vingt Belges innocents qui furent assassinés à l’aube ». En face se dresse une croix avec le nom du chanoine Harmignie, doyen de Charleroi, exécuté avec les autres otages et, un peu plus bas, une stèle en l’honneur de Paul Van den Berghe, directeur commercial des charbonnages de Monceau. Ce dernier ne fait pas partie des otages enfermés dans la maison. Présent sur les lieux de l’attentat, il sera abattu en tentant d’échapper à l’arrestation par les rexistes.

A proximité se dresse un monument commémoratif, à l’intérieur duquel sont gravés les noms des victimes.

Photographies

- Façade de la maison

- Plaque commémorative

- Monument commémoratif – Vue d’ensemble

- Monument commémoratif – Détail

 Notice extraite et adaptée à partir de: M. HERODE, M.-P. LABRIQUE et P. PLUMET,  Paroles de pierres. Traces d’histoire, Bruxelles, Racine-Démocratie ou barbarie, 2009 pp. 63-64.